24 mai 2011

Olivia Pedroli / Nive Nielsen & The Deer Children

 

Olivia Pedroli (22 mai 2011, Musée, 20 h)

Pour la seconde année, le Botanique a eu l’excellente idée d’aménager le Musée en salon de concert intimiste. La scène installée au centre d’un ovale dont le public dessine les contours, l’atmosphère des performances distille progressivement ses parfums parmi les spectateurs qui d’auditeurs en deviennent – presque – acteurs. Pourtant, la formule n’a guère trouvé d’écho en ce dimanche soir dont les rangs étaient dépeuplés – une quarantaine de personnes tout au plus – mais au vu des couloirs et du jardin assez peu remplis, cela devait être la norme du soir dans les autres salles.

Auteur d’un très sympathique premier album (The Den) sous son propre nom (elle était auparavant connue sous le pseudo de Lole), Olivia Pedroli est restée fidèle a son image romantique lors du concert, défauts mineurs et nombreuses qualités incluses dans le paquet cadeau. Outre la chanteuse suisse au micro et à la guitare acoustique (ou plus rarement au piano), quatre musiciens de haut vol composaient le quintet : notre compatriote Jean-François Assy au violoncelle, l’étonnant Stéphane Blok au piano ainsi que deux autres partenaires au tuba ou la trompette ainsi qu’aux machines. Pourtant, si une certaine sagesse apaisante envahissait l’espace, il manquait un soupçon d’inventivité scénique pour captiver totalement – encore que, répétons-le, l’ensemble ne faut jamais fade ni ennuyeux.

La vie étant faite d’incessantes comparaisons, il manquait ce grain de folie inventif que Lonely Drifter Karen avait si bien cultivé au même endroit voici un an, peu avant le naufrage Cibelle. Et tant qu’à écouter des jeunes femmes romantiques aux chansons soyeuses, on ne peut que souhaiter à Olivia Pedroli le succès actuel d’une Agnès Obel, il est tout sauf honteux ou compassé.

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Nive Nielsen & The Deer Children (22 mai 2011, Musée, 21 h 30)

Totale inconnue au bataillon discographique de l’auteur de ces lignes, Nive Nielsen & The Deer Children est une magnifique révélation de ces Nuits Botanique 2011. Jusqu’ici, son patronyme danois n’évoquait que le footballeur champion de Belgique en 1975 avec le défunt RWDM et, plus musicalement, l’artiste sonore suédois BJ Nilsen dont nous recommandons sans réserves le récent The Invisible City.

Des trois catégories (Danemark, foot, musique), Nive Nielsen accroche le wagon uniquement de la troisième - et.encore, on rapprochera difficilement ses déclinaisons americana modernes de l’ambient mystérieuse de son pendant suédois. Unique représentante du Groenland à avoir embrassé une scène du Botanique à ce jour (merci de rectifier en cas d’erreur), la très charmante demoiselle aux traits légèrement asiatiques fut tout simplement craquante ce dimanche soir. Rapprochant de manière aussi subtile qu’inattendue l’Arizona de la bande à bande à Howe Gelb, notamment le duo Amor Belhom, de ses terres natales glacées, la songwriter venue du froid a formidablement réchauffé les cœurs et secoué les mollets d’un public conquis. Toute en alternances, elles allaient d’un rock tempétueux aux ballades cajoleuses, sa musique s’est inscrite quelque part dans les pas de Neko Case – la vivacité secouée en plus, la chevelure rousse glamour en moins. Totalement décomplexé, son univers déjoue toutes les tentatives de formolisation. Et entre extraits doux-amers d’un monde en ballotement défavorable et ironies fugaces marquées d’un sourire affirmé, l’invitation est trop belle pour ne pas y succomber longuement.

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22:01 Écrit par Fabrice Vanoverberg dans Artistes, Reviews | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

23 mai 2011

Highlife / Gang Gang Dance

 

Highlife (18 mai 2011, Rotonde, 20 h)

 

Jeune homme blond à la chevelure mi-longue en bataille – who said Kurt Cobain ? – Highlife a beau être présenté comme un groupe sur le site des Nuits Botanique, c’est bien en solitaire que Sleepy Dog Shaw se présente dans une Rotonde déjà bien remplie. Guitariste des White Magic et bassiste occasionnel des Gang Gang Dance (dont il assure l’ouverture), le Londonien exilé à New York City tire non seulement son nom de scène du Ghana, en plus d’être très manifestement influencé par l’Afro pop – Dirty Projectors, anyone ?

Guitare acoustique ou électrique en main, boîte à rythmes qui passent d’un bon vieux 4/4 à la musique tribale, l’homme est visiblement plus à l’aise à la six cordes qu’au chant – proche d’un Panda Bear de série B. Pas toujours des plus réussis, ses effets se noient notamment dans une tonne de réverbérations. Contrairement à la divine Marissa Nadler, dont la seule présence vocale suffit d’envelopper toute une salle, les interventions technologiques n’apportent pas grand-chose au puzzle. Toutefois, une cavalcade aux échos de John Wayne – mais en contrat exclusif sur le label Paw Tracks – vient sauver, partiellement, la mise. N’est pas total geek qui veut.

 

 

Gang Gang Dance (18 mai 2011, Rotonde, 21 h)

 

Quelques instants d’intro ambient cosmique – c’est très dans le ton de notre époque – passés, le grand professionnalisme du combo Gang Gang Dancese lance dans un show qui mettra du temps à prendre forme. Vingt minutes exactement, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour rompre l’ennui, voire la torpeur de ce début de concert.

Malgré un travail sonore d’une très belle tenue, mais trop maîtrisée, cette longue mise en bouche manquait de cohérence entre les vocalises arabisantes de Lizzi Bougatsos­ – qui ne semblait pas totalement en phase avec ses partenaires – mais ce n’est pas faute d’essayer d’assurer le spectacle à force de moult déhanchements. Alors que sur disque, les entrelacs de sa voix et des machines du GGD se marient parfaitement, la relative froideur technologique contrastait avec sa sensualité vocale, qu’on peut rapprocher de la sublime Iranienne Roshi.

Respectant cependant à la lettre le vieux diction dinantais après vingt minutes, le concert tu ne jugeras point, la suite s’est révélée nettement plus emballante – elle a d’ailleurs coïncidé à l’abandon (provisoire) du micro par la jolie brune new-yorkaise. Dansant au beau milieu du public – et même à trente centimètres de votre serviteur qui avait un peu de mal à encore regarder la scène, il l’avoue – c’est en son absence que le concert a véritablement démarré.

Il serait toutefois malhonnête de s’en tenir à ces considérations – avouons que la recherche d’un bouc émissaire n’a jamais servi personne. Car quand elle a repris le micro, les événements se sont enchaînés naturellement et notre enthousiasme a entamé une vrille en altitude qui, finalement, ne lui ont pas fait regretter le déplacement au 236 de la rue Royale.

22:14 Écrit par Fabrice Vanoverberg dans Concerts, Reviews | Commentaires (2) | Lien permanent |  Facebook |

18 mai 2011

Deportivo @ Nuits Botanique 17/05/2011

" Deportivo - Standard de Liège : 1 - 1 "

Cruel dilemme ce soir. D'un côté, l'ultime duel du championnat belge entre Genk et le Standard de Liège. De l'autre, le concert de l'un des meilleurs groupes de rock français : Deportivo. Vers 21h 20, à la fin de la première période le Standard mène 0 - 1 et est virtuellement champion. Il me reste alors 30 minutes pour gagner le Botanique et voir monter Deportivo sur les planches du Chapiteau. Défi réussi. Deportivo égalise à 1 partout. Parallèlement, sur son terrain Genk revient au score et remporte le titre de champion de Belgique. Retour sur une soirée de folie pour Deportivo, pour Genk et pour moi !

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En 2004, du haut de mes 17 ans, je découvrais ce qui allait devenir l'un de mes groupes français préféré : Deportivo.  A l'époque, ces trois potes parisiens défendaient leur premier album "Parmi eux". Soutenu par des titres comme "1000 moi même", il se dégageait de leur musique une énergie brute et un son énervé. Ajoutez à cela des paroles bien envoyées et surtout qui parlaient (enfin) à des milliers d'adolescents francophones, et vous obtiendrez un succès relativement confiné mais totalement mérité. Près de 7 ans plus tard, ils viennent de sortir leur troisième album "Ivres et débutants" produit avec l'aide de l'inévitable Gaëtan Roussel.  Les trois adolescents qui se cachent derrière Deportivo ont évolué. Ils ont grandi, leur musique aussi, et ça tombe bien car moi aussi. La dernière fois que je les avais croisé, c'était il y a 3 ans sur la petite scène de l'AB Club. Aujourd'hui, Deportivo était de retour en Belgique à l'occasion des Nuits Botanique.

Soirée 100 % franco-belge sous le Chapiteau du Botanique avec Vismets (Be), Deportivo (Fr), Nasser (Fr) et Elvis Black Stars (Be). Mais comme vous l'aurez compris, je ne m'attarderai qu'au trio français de Deportivo. La soirée était loin d'afficher complet et le Chapiteau est plus qu'à moitié vide lorsque les premières notes de Deportivo retentissent sur le coup de 21h50. Si à juste titre le Chapiteau est souvent critiqué pour son atmosphère, son acoustique et son ambiance ; ce soir, il est parfait pour accueillir le son cras et puissant de Deportivo. Le groupe français est ravi de retrouver son public belge. Niveau musical, Deportivo fera le bon choix en ne jouant pas que des morceaux de son nouvel album. Leur set s'apparente plutôt à une sorte de best-of des trois premiers albums du groupe et on ne s'en plaindra pas. Comme à son habitude, en live, Deportivo ne fait pas dans la demi-mesure. Le groupe donne tout ce qu'il a dans la bataille et ça fait extrêmement plaisir à voir. Ils enchaînent rapidement les morceaux. Et même si la programmation des Nuits ne leur a accordé que 40 minutes pour jouer, leurs titres ne dépassant que rarement les 3 minutes, ils ont l'occasion d'en offrir une dizaine à leur public. L'ambiance est au rendez-vous. Chose rare aux Nuits Botanique, on aura droit de la part du public à une farandole ainsi qu'à quelques petits pogos. A la fin du set, comme c'est souvent le cas, le chanteur n'hésitera à donner encore un peu plus de sa personne en allant prendre un bain de foule.

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Bref, c'est le genre de prestation qui fait un bien fou à voir et à écouter. On regrettera simplement que Deportivo n'ait pas été programmé en tant que tête d'affiche principale de cette soirée franco-belge. Car il n'y a pas de doute, Deportivo était bien le groupe le plus talentueux de cette affiche sous le Chapiteau !

Et puis, il y a Stan qui passait aussi par là et qui, avec son gros appareil, a pris quelques photos légèrement plus jolies que les miennes :

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00:08 Écrit par Thomas Wallemacq dans Concerts, Reviews | Commentaires (3) | Lien permanent |  Facebook |

17 mai 2011

Le bide à l’air de Philippe Katerine

Pour être honnête avec vous, ma présence dimanche soir au Cirque Royal relève plus de la curiosité que d’un intérêt quelconque pour cet artiste déluré qu’est Philippe Katerine. Après tout, grâce à mon pass j’ai accès à pas mal de concerts (pour ne pas dire tous J), autant en profiter pour découvrir des groupes que je n’irai ’ ô grand jamais’ voir en live si je devais sortir un kopeck de ma poche.

Arrivé sur le tard, je n’ai pu assister à la piètre performance (d’après Stany) des Playboy’s Bend et de leurs instruments FisherPrice. Par contre, j’ai pu admirer et apprécier le talent de la surprenante Irma. Armée de sa seule guitare, cette jeune chanteuse d’origine camerounaise a séduit le public avec une facilité déconcertante (Stany a également succombé à son talent, lire ici).

Mais revenons à notre cher Katerine. Visiblement, notre chanteur décalé ratisse assez large. À ma grande surprise, je croise pas mal de jeunes pousses dans l'assistance (âgés entre 9 & 12 ans à vue d’œil).

Ne sachant pas du tout à quoi m’attendre, cette soirée s’annonce donc sous le signe de l’étonnement. La 1ère fut excellente en la personne d’Irma. La seconde, à savoir la prestation de Katerine, le sera également.

Show bien huilé

Casquette, moustache (à la Tom Selleck dans sa grande époque), veste de training vintage (qu’il laissera tomber après 3 chansons, ce qui nous permettra d’admirer sa petite bedaine), kilt et bottes en poils d’autruche qui lui montent jusqu’aux genoux, voilà Katerine qui entre sur scène sous de chaleureux applaudissements.

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Bla bla bla, La Reine d'Angleterre, Des bisoux, Liberté, La Banane, J’aime tes fesses,…  Katerine nous passe en revue son tout dernier album (intitulé Philippe Katerine, sorti en septembre 2010). La recette est efficace : entouré de trois musiciens (guitariste, bassiste et  batteur) et de ses 4 danseuses, les Katerinettes (qui n’ont rien à envier aux Clodettes), notre ami se révèle être un véritable showman. Chorégraphies impeccables, interaction avec le public, charisme, jeux de scène bien huilés, j’apprécie le spectacle tout comme le reste du public. La preuve avec les deux rappels réclamés par la foule à la fin du concert.

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J’étais curieux de voir comment cet artiste, qui brille par son côté décalé lorsqu’il se trouve sur un plateau télé, se débrouille sur scène. Et bien, le novice que je suis a été servi. Pendant plus d’1 heure, j’ai assisté à un spectacle digne du personnage. Katerine nous a servi du Katerine. Et franchement, la recette est agréable. N'est-ce pas là l'essentiel ?

(photos : Stany Massart)

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11:26 Écrit par Maximum Musique dans Artistes, Concerts, Reviews | Commentaires (4) | Lien permanent |  Facebook |

16 mai 2011

Il était une fois, Micah P. Hinson ...

 

Il régnait une ambiance des plus particulières hier soir à l’Orangerie.

J'arrive aux porte de la salle, accompagnée pour l’occasion de Céline, la photographe attitrée de TNE, et on nous prévient que c’est un «concert assis». Soit. On entre dans la pénombre, pas trop rassurées par les craquements des gradins. On s’installe et on attend, un brin surprises tout de même ! Et à attendre les commentaires du public, on n’est pas les seules. La plupart de nos voisins s’attendent plus à une pièce de théâtre qu’à un concert. Finalement, ce n’était pas tout à fait faux. 

 

 

20h30, Micah P. Hinson entre en scène, boitillant, sac au dos, bouteille de jus d’orange d’une main et canne de l’autre. C’est qu’il nous explique assez vite qu’il a été victime d’un accident de la route avant d’entamer cette tournée, déjà trop proche que pour l’annuler. On saura aussi qu’il vient d’une petite ville du Texas qui détient deux records : le plus grand nombre d’églises et de grossesses chez des adolescents. Je vous avais dit que ce gars-là aimait parler ...

 

Il entame son set, avec encore un autre inattendu. MPH n’est pas accompagné de sa fidèle guitare acoustique, pour une raison qui m’a échappé. Il dégaine une électrique quelconque, pas fichue de rester accordée le temps d’une chanson. Ce qui nous a valu de nouveaux longs monologues, de plus en plus agacés. 

 

Blablas et problèmes techniques mis à part, le set se passe en deux temps. D’abord, Micah est seul en scène, fidèle à ce que je connaissais de lui. Il nous livre une musique désenchantée, interprétée avec les tripes. J’ai simplement regretté le côté ultra criard de cette «f*****g guitar», comme il l’a appelé toute la soirée. Ensuite, le quatuor à cordes (le Mons Orchestra) vient le rejoindre pour une version poignante, bien que pas tout à fait en place de «Seems Almost Impossible». 

 

A bien y réfléchir, je trouve l’effet du quatuor sur la musique de MPH déroutant, sans pourtant pouvoir l’expliquer. Mais quand il nous raconte que, lorsque Eric Bachmann, compositeur de la section cordes, lui a présenté son travail, Micah a d'abord eu l’impression que sa musique était passée par la case «Walt Disney». Je me dis « c’est exactement ça ! ». Etrangement, la musique classique rend la folk de Hinson plus pop (dans le sens strict de « populaire »). Parce que les cordes arrondissent les angles aiguisés de la guitare, domptent le caractère brut de la voix, adoucissent cette musique forte, instinctive, en quelque chose qui fait, finalement, parti de l’imaginaire collectif. 

 

 

Un concert, comme un spectacle. Un rien surréaliste. 

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Photo : Céline Dejoie.

 

 

 

 

 

17:48 Écrit par Françoise Facella dans Concerts, Photos, Reviews | Commentaires (1) | Lien permanent | Tags : micah p. hison, concert, folk, orangerie |  Facebook |

Playboy's Bend - Irma :

Playmobil’s band

playboy,bend,nuits,botanique,katerine,irma,stany,massartPour ouvrir cette soirée à l’affiche vampirisée par Katerine, nous avions droit à un set d’une bonne demie-heure de délire au pays des jouets magiques avec Playboy’s Bend. J’avoue avoir été quelque peu cueilli à froid par leur électro minimaliste en ce tout début de soirée, et je pense vraiment qu’il aurait été nettement plus opportun de les programmer après Irma, et juste avant Katerine… Histoire de donner au public le temps de se mettre en jambes.

Playboy’s Bend, c’est un couple bien propret, lui en chemise sombre et cravate, elle en petite robe noire sexy et (très) hauts talons, qui agrémente des morceaux électro (enregistrés) de bips, de wizz et de tuut, tout droit sortis d’improbables instruments au look très playmobil.

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Totalement insatisfait de cette description, j’ai donc été voir sur leur site comment ils se décrivent, et j’y ai trouvé ceci :
"Ce projet s’inspire du mouvement underground américain connu sous le nom de « circuit bending ». Cet art consiste à modifier les circuits internes de vieux jouets électroniques, boîtes-à-rythmes, pédales d’effets ou de petits synthés casio des années 80 tout droit sortis des greniers, brocantes et autres bric-à-brac pour les transformer en instruments uniques et magiques."

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Ah. C’est donc ça… A la vérité, sans juger de la qualité de leur musique (préenregistrée), je dois dire que je n’ai pas été très convaincu par la performance scénique des deux artistes. Le contraste travaillé entre leur look BCBG et le côté ridicule de leurs instruments arrache un sourire, mais tout ça manque cruellement d’humour et de second degré.

Toutes les facettes d’Irma

Tout juste après cet ovni scénique, changement radical d’ambiance ! Irma débarque sur scène, seule, sa gratte à la main pour 40 minutes d’un folk énergique et largement teinté de soul. Fraîcheur, talent, simplicité, et même une petite touche de timidité font mouche immédiatement.

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Les premiers morceaux pleins de douceur font vite place à plus de fun, notamment avec un impressionnant ABC des Jackson Five, tout en loops de Beat Box et de voix, agrémentés d’une guitare rythmique rageuse. Le tout suivi d'un petit paragraphe sur la manière dont cette chanson lui est venue un matin, tout en humour et second degré. Public conquis. Et ce n'est pas une corde cassée ou quelques crachotements d'origine inconnue qui viendront la perturber.

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En tant que public, on apprécie toujours d’être remercié par l’artiste (surtout celui qui nous le rend bien). Avec Irma, le moins qu’on puisse dire est que nous avons été gâtés, puisque les proverbiaux 1000 mercis ont quasiment été atteints. On sent chez cette jeune femme qui a à peine franchi la vingtaine toute le plaisir de se produire devant un public chaleureux, et ce même public profite de la beauté d’un émerveillement intact.

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Seul petit bémol donc à propos de l’ordre de programmation, car il faut tout de même bien dire qu’elle tombait un peu comme un cheveu dans la soupe, après les délires de Playboy’s Bend, et avant les facéties de Katerine. A revoir… sans aucun doute.

14:54 Écrit par Stan dans Concerts, Photos, Reviews | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

Three Trapped Tiggers

(Conseil pour regarder le diaporama : cliquez sur le petit carré avec quatre flèches sur la barre de commmande du fond, à droite. Si vous voulez revenir en taille normale, cliquez sur Escape )

Ultériurement, un autre diaporama sera consacré à NOX).

 

Préliminaire

Three Trapped Tigers, groupe weirdo de chez weirdo!

Le Bota lui-même a planché afin de le définir dans ses présentations. Il lui a collé une étiquette singulière de "sphère musicale particulière liant post-rock et dubstep". Je n'ai pas à me moquer puisque dans mon propre filet d'encouragement à choisir ces trois Londoniens plutôt que d'autres combos en lice le soir même, je noyais le poisson dans trois centimètres d'eau insuffisants à leur survie! Fort heureusement -quoique, est-ce plus simple finalement?- l'équipe s'était fixé un objectif facilitateur. Il s'agissait, d'un exercice à quatre mains. Et très rapidement, j'ai donc reçu l'avis de l'ami Thomas.

Désaccord de première partie

Voici donc de Thom, le texte en intégral et gras : "Nous y étions ! C'est ce que Marsup et moi-même pouvons affirmer après avoir assisté au concert de Three Trapped Tigers lors de la première vraie soirée des Nuits Botanique. Nox et Three Trapped Tigers, ce n'était pourtant guère l'affiche la plus attirante des Nuits. Et le grand public ne s'y était trompé ; ce soir-là, il était ailleurs. En plus d'une cinquantaine d'initiés, de connaisseurs et de curieux, l'organisation pouvait compter sur les nombreux invités pour remplir quelque peu le musée.

IMG_7305-1.jpgC'était d'ailleurs pour moi l'occasion de découvrir ce fameux Museum. Habitué des Nuits et du Bota, c'était pourtant la première fois que j'y allais assister à un concert. Les artistes se positionnent au centre de la salle et sont entourés de leur public, confortablement installés dans leur canapé, leur fauteuil ou sur leur chaise. Je ne m'attarderai pas sur Nox, tant j'ai trouvé le post-rock de cette première partie fade et si peu originale. De mon côté, la magie n'a pas pris.

Pour ma part (retenez-le donc, Mmarsupilami écrit en texte normal, Thomas en gras), les Belges de NOX valaient franchement le détour. Ce support insolite fait de jazz crèe l'originalité et la violoniste, Catherine Graindorge n'a rien à envier à la technique du bassiste David Christophe ni à celle du batteur, Elie Rabinovitch. Je poursuis l'écoute des albums achetés à la sortie, dont le nouveau, Freaks. Et, donc, on en reparlera.

Promis, craché, croix de bois, croix de fer, si je mens, j'irai en enfer, je reviendrai chroniquer ces opus respectables et belges de surcroit!

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Tête d'affiche triple

Mais revenenons-en donc au coeur de l'affaire. Bien vu et finaud, l'effort de Thomas. D'abord décrire le contraste du concert avec la partie familiale et entourée d'amis. Ensuite aborder l'entrée fracassante de Three Trapped Tigers : Heureusement, sur le coup de 21h20, quelque chose de nettement plus déjanté commence. La musique complètement barrée de Three Trapped Tigers a réussi à faire vider la salle de ses invités endimanchés. Les trois anglais se sont d'ailleurs excusés auprès des spectateurs qui s'attendaient à assister à un set acoustique, tranquillement installés dans leur canapé. C'est en effet complètement  raté, car nous avons plutôt assisté à un fameux décrassage printanier ! Mais ça, Marsup vous le décrira sans doute mieux vous que moi !  

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Petit finaud, le Thomas! Car la description relève pour part de l'impossible. En un temps, où la gamelle musicale est le plus souvent assurée par un métronome qu'on ne peut suivre à l'oeil -hum- simple) souvent emplie de morceaux convenus, s'enfilant dans un ordre préétabli et monotone, les trois londoniens débarquent dans un capharnaum complètement organisé et mis en place. Le batteur est équipe d'un métronome fou, bat plus vite que son ombre, multiplie les tentatives et coups de concentration : vite, fort, organisé, débauché, math et rocké, même quand il assaille comme une brute de petits angelots de bronze! Un déluge! A ses deux côtés comme en crucifixion, les deux électroniciens de service virtuosent allégrement, l'un deux complétant par un délire basique de basse et l'autre d'une basse dont les cordes furent portées à ébullition!

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Nouveau son, seau miracle

L'album est virtuose, certes! Mais jamais gratuitement! C'est que, en allant trop rapidement, on affublerait Les Tigers d'une étiquette supplémentaire de "progressif"! Et c'est faux! Pas de Trilogy ici comme dans les derniers regrettables et convulsionants exercices d'Emerson Lake and Palmer. Non, on est plus proche de Tarkus quand le trio brut continuait à maltraiter et torturer ses instruments. Probablement que le vrai héritier de ce prog-là est aujourd'hui Sufjan Stevens...

Three Trapped Tigers picore quant à lui dans la basse-cour de King Crimson à sa meilleure époque. Ses phrasés sont d'une précision étourdissante. Le nouveau prog qu'ils crèent est complètement revisité, plongeant voluptueusement ses gimmicks et racines dans les rémugles électroniques.  La voix du guitariste est habitée d'une grande nostalgie dont les éclats rebondissent ensuite encore longtemps dans les oreilles.

Tellement loin du passeisme prog qu'on regrette d'utuliser le mot alors que, par les temps qui courent, huit groupes sur dix saturent leurs guitares le plus naturellement du monde, en copiant un nombre de groupes qui se comptent sur les doigts d'une seule main!

 

Thomas et Mmarsupilami

 

05:29 Écrit par Mmarsupilami dans Concerts, Photos, Reviews | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

15 mai 2011

Mélanie Laurent en concert @ Cirque Royal, Botanique

Autant être franc avec vous, toute l'équipe des Nuits Backstage avait accès au concert de ce soir, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que les chroniqueurs ne se sont pas bousculés au portillon pour couvrir cette soirée. Lors de nos rencontres et discussions, il y avait toujours un blanc qui régnait autour de cette soirée du 14 mai au Cirque Royal. Du coup, moi je me suis dis que ça allait être chouette si j'y allais pointer ma tête ! Car même en zappant la tête d'affiche (Joseph Arthur pour l'anecdote) et en ne s'attardant qu'à Mélanie Laurent, il y aurait de nombreuses choses à dire et à écrire.

Actrice, réalisatrice, et scénariste, Mélanie Laurent est un bien drôle de personnage. Et plus encore depuis qu'elle a décidé de pousser la chansonnette et de se lancer dans une carrière musicale. Au cinéma, la réputation de cette jeune femme n'est plus à faire. En 2006, sa carrière d'actrice décolle lorsqu'elle incarne Lili dans le rôle principal du film "Je vais bien, ne t'en fais pas". Dans la foulée, son interprétation lui fait décrocher le césar du meilleur espoir féminin. En 2009, elle s'attaque à Hollywood en étant à l'affiche de l'excellent "Inglorious Bastard" de Quentin Tarantino. Après s'être follement bien amusée sur la Croisette avec Quentin en 2009, cette année, elle est de retour à Cannes mais cette fois en tant que maitresse de cérémonie du Festival. Bref, en quelques années, Mélanie Laurent a connu une ascension fulgurante et a acquis une véritable notoriété publique.

En 2011, Mélanie Laurent est présente sur tous les fronts et ajoute des cordes à son arc. "Adoptés", le premier long métrage qu'elle a écrit et réalisé sortira à l'automne. Mais cette année est surtout marquée par sa décision d'entamer une carrière musicale. Mais est-ce que Mélanie Laurent en ferait-elle trop ? Aussi sympathique soit elle, le public a-t-il vraiment envie de la voir pousser la chansonnette ? Avec cette surexposition, le public ne risque-t-il pas l'overdose, et de son côté, en s'exposant de la sorte, la demoiselle ne risque-t-elle pas de finalement s'en prendre plein la figure ? Le débat est ouvert. De mon côté, je vais essayer d'aller me faire mon propre avis, sans a priori (ou presque) en allant la découvrir en concert à l'occasion de l'une de ses toute première prestation scénique.  

Trêve de blabla, place à ce qui nous intéresse ce soir : la prestation de Mélanie Laurent.

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Disons le tout de suite, après m'être fait exploser les tympans la vielle au concert de Three Trapped Tigers, je ne suis pas spécialement le public cible de la musique de Mélanie Laurent. Première constatation, la triple affiche de ce soir n'a pas réussi à attirer les foules. L'immense salle du Cirque Royal s'est vu amputée de toute sa partie supérieure, fermée au public. De plus, ce sont les fauteuils qui ont été installés dans le parterre. Toutes les places étaient donc assises. Mélanie Laurent est entrée sur scène sur le coup de 20h55. Elle est accompagnée de 5 musiciens. En un peu moins de 60 minutes, ils interpréteront la quasi totalité de "En attendant", le premier album de Mélanie Laurent sorti le 2 mai dernier. Dès le premier morceau, la voix de Mélanie montre ses limites et ses faiblesses. C'est sans doute normal, ne s'improvise pas chanteuse qui veut. Par contre, musicalement, elle a pris soin de s'entourer de cinq musiciens vraiment très talentueux. Au niveau musical, c'est joli et sans fausses notes. Les cordes et le piano créent un excellent accompagnement musical. Mais du coup, sur scène, Mélanie Laurent qui ne joue d'aucun instrument à même tendance à être effacée par ses musiciens. Il faut dire qu'aux Nuits Botanique, on est davantage habitué à rencontrer des musiciens/chanteurs multi-instrumentalistes qu'une chanteuse restant clouée sur son tabouret. Enfin, au niveau des textes qu'elle a composé, ça s'inscrit dans la chanson française assez légère et ça s'apparente plus aux comptines que j'invente tous les matins dans ma salle de bain qu'à autre chose. "Dehors il fait gris. Et toi, tu joues des accords au bord du lit.".

Mais je ne suis pas ici pour vous faire la chronique d'un album que je n'écouterai sans doute jamais. Je tâcherai donc plutôt de vous partager mes émotions musicales, et c'est là que Mélanie Laurent a gagné des points. Il faut bien l'avouer, la pauvre Mélanie s'en est pris plein la gueule ces dernières semaines. C'était donc avec une certaine appréhension qu'elle allait pour la première fois à la rencontre du public bruxellois. Dès le début, celui-ci a montré énormément de respect envers l'actrice chanteuse en l'accueillant "à la belge", comme il se doit. L'accueil et l'ambiance ont rapidement permis à Mélanie Laurent de se détendre et de se sentir à l'aise. Un peu trop peut-être. En effet, elle ne s'est pas toujours montrée très adroite dans ses interventions. Par exemple, en voyant s'allumer quelques briquets, elle ne saura s'empêcher de lâcher en plein morceau  "Vous êtes mes premiers briquets, ça me fait trop kiffer ! ". Naturelle et touchante, Mélanie Laurent a livré un set fait de hauts et de bas, pas toujours à la hauteur, mais en réussissant à tenir le public en haleine durant toute la durée du concert. A deux morceaux de la fin, les premiers énergumènes se lèvent ; quelques instants plus tard, ils sont suivis par des dizaines d'autres. En quelques minutes, tout le Cirque Royal est débout à faire une standing ovation à Mélanie et à tous ses musiciens. Un moment intense et riche en émotion ! 

Alors évidemment, la musique de Mélanie Laurent ne plaira pas à tout le monde et c'est tout à fait normal. Cependant, ce soir, j'ai eu l'impression d'assister à une véritable communion entre une artiste qui fait ses premiers pas et son public. Mélanie Laurent a réussi à trouver son public, à le satisfaire et même à le conquérir. L'accueil réservé à Mélanie fut formidable et à la fin du concert, ce sont des visages heureux et remplis de bonheur que l'on pouvait croiser dans les couloirs du Cirque Royal. Et c'est sans doute cela le plus important ! 

Et quoi qu'il en soit, qu'on aime ou qu'on aime pas, pas de doute, Mélanie Laurent en tant que musicienne, on a pas fini d'en parler !

PS : N'ayant pas eu de photographes avec moi et le Bota m'ayant refilé une place toute pourrie pas très bonne (siège C4, ça ne s'invente pas et je vous le déconseille vivement), je ne suis pas en mesure d'illustrer mes propos par des clichés de qualité. Veuillez m'en excuser ;-)