24 mai 2011

Olivia Pedroli / Nive Nielsen & The Deer Children

 

Olivia Pedroli (22 mai 2011, Musée, 20 h)

Pour la seconde année, le Botanique a eu l’excellente idée d’aménager le Musée en salon de concert intimiste. La scène installée au centre d’un ovale dont le public dessine les contours, l’atmosphère des performances distille progressivement ses parfums parmi les spectateurs qui d’auditeurs en deviennent – presque – acteurs. Pourtant, la formule n’a guère trouvé d’écho en ce dimanche soir dont les rangs étaient dépeuplés – une quarantaine de personnes tout au plus – mais au vu des couloirs et du jardin assez peu remplis, cela devait être la norme du soir dans les autres salles.

Auteur d’un très sympathique premier album (The Den) sous son propre nom (elle était auparavant connue sous le pseudo de Lole), Olivia Pedroli est restée fidèle a son image romantique lors du concert, défauts mineurs et nombreuses qualités incluses dans le paquet cadeau. Outre la chanteuse suisse au micro et à la guitare acoustique (ou plus rarement au piano), quatre musiciens de haut vol composaient le quintet : notre compatriote Jean-François Assy au violoncelle, l’étonnant Stéphane Blok au piano ainsi que deux autres partenaires au tuba ou la trompette ainsi qu’aux machines. Pourtant, si une certaine sagesse apaisante envahissait l’espace, il manquait un soupçon d’inventivité scénique pour captiver totalement – encore que, répétons-le, l’ensemble ne faut jamais fade ni ennuyeux.

La vie étant faite d’incessantes comparaisons, il manquait ce grain de folie inventif que Lonely Drifter Karen avait si bien cultivé au même endroit voici un an, peu avant le naufrage Cibelle. Et tant qu’à écouter des jeunes femmes romantiques aux chansons soyeuses, on ne peut que souhaiter à Olivia Pedroli le succès actuel d’une Agnès Obel, il est tout sauf honteux ou compassé.

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Nive Nielsen & The Deer Children (22 mai 2011, Musée, 21 h 30)

Totale inconnue au bataillon discographique de l’auteur de ces lignes, Nive Nielsen & The Deer Children est une magnifique révélation de ces Nuits Botanique 2011. Jusqu’ici, son patronyme danois n’évoquait que le footballeur champion de Belgique en 1975 avec le défunt RWDM et, plus musicalement, l’artiste sonore suédois BJ Nilsen dont nous recommandons sans réserves le récent The Invisible City.

Des trois catégories (Danemark, foot, musique), Nive Nielsen accroche le wagon uniquement de la troisième - et.encore, on rapprochera difficilement ses déclinaisons americana modernes de l’ambient mystérieuse de son pendant suédois. Unique représentante du Groenland à avoir embrassé une scène du Botanique à ce jour (merci de rectifier en cas d’erreur), la très charmante demoiselle aux traits légèrement asiatiques fut tout simplement craquante ce dimanche soir. Rapprochant de manière aussi subtile qu’inattendue l’Arizona de la bande à bande à Howe Gelb, notamment le duo Amor Belhom, de ses terres natales glacées, la songwriter venue du froid a formidablement réchauffé les cœurs et secoué les mollets d’un public conquis. Toute en alternances, elles allaient d’un rock tempétueux aux ballades cajoleuses, sa musique s’est inscrite quelque part dans les pas de Neko Case – la vivacité secouée en plus, la chevelure rousse glamour en moins. Totalement décomplexé, son univers déjoue toutes les tentatives de formolisation. Et entre extraits doux-amers d’un monde en ballotement défavorable et ironies fugaces marquées d’un sourire affirmé, l’invitation est trop belle pour ne pas y succomber longuement.

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22:01 Écrit par Fabrice Vanoverberg dans Artistes, Reviews | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

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