22 mai 2011

Caribou enflamme le chapiteau !

Dan Snaith, le type m'avait bluffé, l'année dernière, avec son énorme album "swim" et les échos positifs de ses prestations "live" ne faisaient qu'aiguiser ma curiosité. Honte sur moi, je n'avais pas encore eu l'occasion de vérifier les louanges proclamées à droite et à gauche autour de ces prestations, apparemment tonitruantes. Il faut dire que son projet Caribou a de la gueule ; le canadien multi-instrumentiste a réussi, en deux albums, à imposer une dance-pop organique et créative à souhait. Un truc frais, rêveur et dansant, mais qui apporte son lot de beats relativement alambiqués sans réellement s'aventurer dans des contrées expérimentales.


Il figurait donc comme un des grands attendus de ces nuits et la soirée qu'il partageait avec Montevideo et Vessels était complète depuis quelques jours. Une dizaine de personnes s'amassait même à l'entrée du Botanique scandant leur soif de voir caribou et surtout d'obtenir, au marché noir, un précieux ticket. Arrivé le ventre creux, je troquai les 40 minutes de Vessels contre une abominable portion de frites dégottée au coin de la rue. Mon choix culinaire n'était pas très judicieux et ne valait sûrement pas un concert des anglais de Vessels, mais il m'offrait l'avantage d'envisager la suite de la soirée dans de meilleures conditions.


J'arrive donc dans un chapiteau déjà bien rempli pour la prestation des bruxellois de Montevidéo qui offrira aux publics une mise en jambe sympathique, mais sans convaincre réellement. Leur rock aux teintes électroniques n'est pas totalement en place sur scène et peine à faire bouger le public. On sentira pourtant dans les nouveaux titres (Fare & Glory, Tribal Dance...) un réel potentiel que la voix rauque de Jean Waterlot sert à merveille. A suivre et à revoir donc.


Dehors, le public s'amasse de plus en plus sur les marches du Botanique, face au jardin et au soleil qui décline doucement. La température, elle, peine à décliner et les bars sont assiégés. Quand on rentre de nouveau dans le chapiteau pour la deuxième partie de soirée, le public est présent en masse, un sold-out qui se traduira donc par un "collé-serré" suffoquant. Peu importe finalement, car aux premières notes de Caribou, on en aura vite oublié notre condition pour s'envoler dans le psychédélisme de ses beats. Le groupe joue précis et plus percutant que sur album, la batterie est mise en avant et le coté dance-floor de ses chansons est décuplé. Les premiers hochements de tête n'attendront pas la deuxième chansons et les déhanchés suivront. Leur mélange de beats techno, de deep-house et de pop planante ne cessera de faire monter la pression durant tout le concert pour transformer doucement le chapiteau en véritable cocote-minute. Les titres sont rallongés, la transe opère et le groupe joue comme si sa vie en dépendait. Odessa enfoncera définitivement le clou et Sun, joué en rappel, transformera pendant une dizaine minutes le chapiteau en véritable brasier. On avait commencé notre journée avec du soleil dans les yeux, on la terminera avec un Sun résonnant dans les oreilles, comme un écho jubilatoire. Merci Caribou!

19:10 Écrit par Julien Gaspart | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

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