23 mai 2011

Brandt Brauer Frick Ensemble a perdu son petit train de samplers acoustiques

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Je suis loin d'avoir tout vu!

Mais, de tout ce que j'ai vu des Nuits, c'est probablement le plus insolite.

Ces trois jeunes allemands ont un look de jeunes ingénieurs civils, un lendemain de remise des diplômes.

Au Museum du Botanique, ils se sont alignés sagement autour d'une très grande table bien vissée au milieu du public. Comme s'ils étaient installés pour une grande part de train électrique. Sur les trois musiciens, deux sont ainsi à manier les micro-commandes. Leurs poses laissent penser un peu qu'il faut martyriser ces boutons pour en obtenir le son voulu. Parfois, on leut proposerait bien une petite goûte d'huile pour faciliter leur prestation, histoire qu'à musique aussi légère, la naissance soit sans douleur.

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Le troisième, portant moustache, barbe et longs cheveux (mais comme pour aller en boîte pas pour présenter un examen) frappe de ses deux baguettes (comme s'il sortait d'un Chinois) sur de mini-fûts électroniques. Quelques écrans cacochymes (si ça tombe, ça coûte une fortune, mais l'écran de salon, chez moi, est bien bien plus grand!) l'entourent et l'arrosent de courbes et données qui sont obscures, en tout cas pour le béotien que je suis (La Béotie, je vous le disais!!!). La musique est étonnante, mais aussi incroyablement fluide, futile, intelligente et dansante. C'est beau et prenant, quoi!

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 La musique The Brandt Brauer Frick Ensemble est passablement unique. Ses lignes sont nourries de jazz, d'électronique et de disco, mais les éléments constitutifs de base sont des samplers exclusivement acoustiques, comprenez des mini-morceaux de sons venus d'ailleurs. Une comparaison idiote les verrait bien amener quelques brouettes de ces samplers, les charger dans les grands réservoirs, les découper, les décoler, les triturer, les réorganiser et en faire de jolis enfilements musicaux. Pendant une heure complète, ils oeuvrent ainsi. Concentration maximale : il est bien ardu de danser Kazatchof quand vos instruments sont tous ces petits boutons teutons. Même au Museum où le spectateur a le nez dans les instruments, le miracle en reste un, car cela reste mystérieux. Lassitude de l'assistance? On se demande et le redoute car, lui aussi, public, bouge tout au plus les orteils et dodeline de la tête? Concentration extrême...

Un peu plus d'une heure s'est écoulée depuis le début. Comme un seul et unanime, les trois se relèvent et jettent le gant. C'est l'accolade heureuse, comme s'ils venaient de gagner une coupe nationale dans un sport qui se jouerait à trois. Ils sont heureux du morceau produit. Le public l'est tout autant, qui applaudira longuement et chaleureusement sa satisfaction.

Revenus hilares des loges, les Brandt Brauer Frick vont essayer de relancer la machine pour une deuxième étape. Mais, non, un petit grain est enrayé dans le petit train, la concentration n'est plus là. Ce sera court et ils s'enmêlent les pinceaux et c'est fini, toujours dans l'hilarité.

Mais qu'est-ce que c'était étrangement beau, futile et différent!

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PS : Bien entendu, beaucoup de prêtres éclairés ne voient que motif à compassion pour la naiveté du moine béotien. Le vrai sage, lui, se délecte de la découverte des autres!

00:13 Écrit par Mmarsupilami dans Artistes, Concerts | Commentaires (1) | Lien permanent |  Facebook |

Commentaires

Oui, ils sont vraiment très chouettes ! Je les avais découverts à Bruges en 2011 et vais les revoir à Paris en mars !

Écrit par : tetue | 26 décembre 2012

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