11 mai 2011

Sufjan Stevens : au scalpel et au burin, mais surtout à la masse.

sufjan,stevens,botanique,cirque,royal,nuits,stany,massart[EDIT : Petite modification à la re(re)lecture... ce post est vraiment trop négatif par rapport à la performance livrée et à mon ressenti]

Depuis le temps qu’on se pourlèche les babines en analysant le programme des Nuits sous toutes les coutures, il était temps que ce festival commence enfin ! Sufjan Stevens ouvrait les hostilités hier au Cirque Royal avec un concert… déconcertant.
Il paraît que DM Stith assurait la première partie, mais votre serviteur était malheureusement en train d’attendre fébrilement son photo-pass à l’entrée, et DM Stith, ce sera donc pour une autre fois.
Autant le préciser d’entrée de jeu : Je ne suis pas un fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de Sufjan Stevens. Ce concert était donc une première, et de celles qui laissent les yeux ronds comme des billes et des impressions de grand dérapage hallucinatoire. Tout commence par l’entrée sur scène de l’artiste, improbable mélange de fluokids et de grand prêtre Inca tout droit sorti de Tintin et le temple du soleil. Dès ces premiers moments,  une impression fugace me traverse : c’est vraiment n’importe quoi ! Mais elle disparaît bien vite pour laisser place au plaisir de l’exploration sonore et à un léger envoûtement. Une alternance d’états et d’interrogations qui me suivra pendant toute la performance. Car il s’agit d’une vraie performance avant d’être un concert.


La recherche graphique est partout dans ce set, entre les animations hypnotisantes projetées en fond de scène et par moments sur un voile à l’avant scène, dans les costumes, et surtout dans les œuvres de Royal Robertson. Mais s’agit-il bien d’une recherche graphique ? Stevens est-il lui-même convaincu de son travail et de ce cirque déjanté ? Le public  – tout comme moi – est probablement toujours en train de se poser la question, et de se demander à quoi il a assisté  hier soir. On le croirait volontiers, mais Stevens n'a pas son pareil pour nous faire douter et nous faire sortir de la rêverie. Il n'est en effet pas avare d’explications parfois très longues (et en anglais), mais toujours agrémentées d’une petite touche d’autodérision qui brouille les pistes. Genre je vous balance d'un air inspiré un grand laïus sur les énergies cosmiques, la force tellurique et les ondes qui nous parcourent, nous revitalisent et tout le tremblement, puis le ponctue d'un petit rire entendu et très second degré.


Stevens n’est pas fou, il donne le sentiment d’avoir consciemment jeté aux orties tout un pan de sa vie, pour s’enfoncer dans une orgie de jouets sonores et électroniques, oublier toute forme de sérieux et s’immerger dans un monde noir, coloré, sinistre et incroyablement joyeux. En réalité, il semble bien avoir gardé tout son sérieux en termes de qualités musicales, et surtout vocales. Le reste n'est que futilité.
Le set se clôture sur un gargantuesque Impossible Souls, pendant lequel le temps disparaît dans des crescendos et décrescendos à vous donner le tournis sous une pluie de ballons colorés. Stevens finit tout ça dans un dernier mouvement plein de douceur, seul à l'avant scène avec sa guitare.

Rideau.

WAH, c'était quoi ça ?

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Photos : Stany Massart

13:41 Écrit par Stan dans Concerts, Photos, Reviews | Commentaires (0) | Lien permanent |  Facebook |

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